SUR LA TRANSMISSION DES
VALEURS
Dans lĠintroduction, Jacky nous
dit que Òle dernier dbat a montr que parler des valeurs ne va pas de soiÓ,
quĠil est Òdifficile de les dfinir, de les nommerÓ et quĠ Òelles sont
problmatiquesÓ et ÒpluriellesÓ. Mais, mme si cĠest vrai quĠen parler ne va
pas de soi, le fait est que nous allons aborder maintenant la question aussi
difficile et complexe de sa transmissionÉ
Il me semble donc lgitime de penser
que, sans avoir russi les Òdfinir, les nommerÓ et moins encore expliciter
pourquoi sont-elles ÒproblmatiquesÓ et ÒpluriellesÓ, nous serons obligs
dĠarriver la mme conclusion au sujet de sa transmission : quĠen parler ne va
pas de soi et que nous sommes incapables de dpasser nos ÒdiscordancesÓ!
Je mĠexcuse donc de (re)poser
pralablement la question de la mthode pour essayer que notre dbat ne parte
nouveau dans toutes les directions et quĠil puisse tre une vraie confrontation
de penses sur le sujet prcis du dbat.
Pour cela, ne devrions-nous pas nous mettre dĠaccord auparavant sur
lĠordre des questions auxquelles nous allons tenter de donner (et confronter)
nos rponses? Je crois quĠtablir une liste logique et ordonne de ces questions
nous faciliterait la tche et nous pourrions alors avancer de manire moins
chaotique, plus rationnelle et je dirais mme plus profitable pour tous.
Dans le texte dĠintroduction de
Jacky, sur Òla transmission des valeursÓ, il y a une srie de questions qui
mritent dĠtre traites lĠune aprs lĠautre et pas dans le dsordre ou toutes
la fois. Je crois donc quĠil serait ncessaire de nous mettre dĠaccord
pralablement sur le genre de valeurs dont nous allons rflchir sa
transmission ainsi que sur comment elles ont surgi au cours de lĠhistoire. Car,
dans son introduction, Jacky ne se rfre quĠaux valeurs culturelles (morales)
et cĠest lui-mme qui pose la question : ÒMais enfin, dĠo viennent-elles?Ó
Je crois donc que nous devrions
commencer rflchir sur cette question avant les autres; puisque cĠest
vident que les valeurs sont des Òlments constituants dĠune cultureÓ et
quĠelles ne tombent pas du ciel. Puis, la question traiter devrait tre : ÒMais
comment et par quelles stratgies et sous quelles contraintes lĠhumanit se
transmet-elle les valeurs et systmes quĠelle produit ou conserve dĠpoque en
poque ?Ó CÔest
ici que logiquement nous pourrons aborder le rle que joue lĠcole
(lĠducation) pour transmettre aux nouvelles gnrations les valeurs de la
culture de chaque socit, et sans oublier toutes les autres institutions
(familiales, civiques, religieuses, militaires, etc.) qui contribuent aussi
cette transmission.
Il me semble que cĠest aprs
avoir rflchi ces deux questions quĠil nous sera possible dĠaborder en
bonnes conditions les autres questions proposes par Jacky :
Y a-t-il des valeurs
universelles? Quelles valeurs transmettre ou duquer vers quoi?
Peut-on agir en partant
seulement des jugements de connaissance ? Ne revient-il chacun de faire
des choix, dont on sait quĠaucun ne pourrait prtendre une valeur
universelle, sĠil nĠincluait pas le souci de lĠAUTRE ?
Mais, dans ce cas et puisque ce
choix doit tre fait Òdans notre socit schizophrniqueÓ (Jacky), ne nous faudra-t-il pas nous
interroger aussi sur quelle fraternit fonder nos choix?
Non pour faire le choix dĠun
autre hritage idologique, sinon pour chapper aux fratries et au r-mergement
des solidarits dĠintrts ou de la naissance qui nous ramnent aux touffoirs
monastiques (la rgion, la religion, le clan, la tribu, le sexeÉ) et au
fratricide (tous les ÒismesÓ communautaristes). Mais, pour fonder nos choix sur
une fraternit qui largisse lĠhorizon et nous permette de mieux respirer, dĠentrevoir la
possibilit dĠun autre destin et de ne pas rester entre soi, dans le repli sur
le domestique ou sur le tribal. CĠest--dire : pour tre fraternels, parce
quĠgalitaires, et par un sursaut de dignit et dĠamour pour lĠAUTRE, pour les AUTRES..