UNIVERSITE POPULAIRE DE PERPIGNAN   AVRIL 2009

 

               SUR LA TRANSMISSION DES VALEURS     

 

Dans lĠintroduction, Jacky nous dit que Òle dernier dŽbat a montrŽ que parler des valeurs ne va pas de soiÓ, quĠil est Òdifficile de les dŽfinir, de les nommerÓ et quĠ Òelles sont problŽmatiquesÓ et ÒpluriellesÓ. Mais, mme si cĠest vrai quĠen parler ne va pas de soi, le fait est que nous allons aborder maintenant la question aussi difficile et complexe de sa transmissionÉ

 

Il me semble donc lŽgitime de penser que, sans avoir rŽussi ˆ les ÒdŽfinir, les nommerÓ et moins encore ˆ expliciter pourquoi sont-elles ÒproblŽmatiquesÓ et ÒpluriellesÓ, nous serons obligŽs dĠarriver ˆ la mme conclusion au sujet de sa transmission : quĠen parler ne va pas de soi et que nous sommes incapables de dŽpasser nos ÒdiscordancesÓ!

 

Je mĠexcuse donc de (re)poser prŽalablement la question de la mŽthode pour essayer que notre dŽbat ne parte ˆ nouveau dans toutes les directions et quĠil puisse tre une vraie confrontation de pensŽes sur le sujet prŽcis du dŽbat.  Pour cela, ne devrions-nous pas nous mettre dĠaccord auparavant sur lĠordre des questions auxquelles nous allons tenter de donner (et confronter) nos rŽponses? Je crois quĠŽtablir une liste logique et ordonnŽe de ces questions nous faciliterait la t‰che et nous pourrions alors avancer de manire moins chaotique, plus rationnelle et je dirais mme plus profitable pour tous.

 

Dans le texte dĠintroduction de Jacky, sur Òla transmission des valeursÓ, il y a une sŽrie de questions qui mŽritent dĠtre traitŽes lĠune aprs lĠautre et pas dans le dŽsordre ou toutes ˆ la fois. Je crois donc quĠil serait nŽcessaire de nous mettre dĠaccord prŽalablement sur le genre de valeurs dont nous allons rŽflŽchir ˆ sa transmission ainsi que sur comment elles ont surgi au cours de lĠhistoire. Car, dans son introduction, Jacky ne se rŽfre quĠaux valeurs culturelles (morales) et cĠest lui-mme qui pose la question : ÒMais enfin, dĠo viennent-elles?Ó

 

Je crois donc que nous devrions commencer ˆ rŽflŽchir sur cette question avant les autres; puisque cĠest Žvident que les valeurs sont des ҎlŽments constituants dĠune cultureÓ et quĠelles ne tombent pas du ciel. Puis, la question ˆ traiter devrait tre : ÒMais comment et par quelles stratŽgies et sous quelles contraintes lĠhumanitŽ se transmet-elle les valeurs et systmes quĠelle produit ou conserve dĠŽpoque en Žpoque ?Ó CÔest ici que logiquement nous pourrons aborder le r™le que joue lĠŽcole (lĠŽducation) pour transmettre aux nouvelles gŽnŽrations les valeurs de la culture de chaque sociŽtŽ, et sans oublier toutes les autres institutions (familiales, civiques, religieuses, militaires, etc.) qui contribuent aussi ˆ cette transmission.

 

Il me semble que cĠest aprs avoir rŽflŽchi ˆ ces deux questions quĠil nous sera possible dĠaborder en bonnes conditions les autres questions proposŽes par Jacky :

Y a-t-il des valeurs universelles? Quelles valeurs transmettre ou Žduquer vers quoi? 

Peut-on agir en partant seulement des jugements de connaissance ? Ne revient-il ˆ chacun de faire des choix, dont on sait quĠaucun ne pourrait prŽtendre ˆ une valeur universelle, sĠil nĠincluait pas le souci de lĠAUTRE ?

Mais, dans ce cas et puisque ce choix doit tre fait Òdans notre sociŽtŽ schizophrŽniqueÓ (Jacky), ne nous faudra-t-il pas nous interroger aussi sur quelle fraternitŽ fonder nos choix?

 

Non pour faire le choix dĠun autre hŽritage idŽologique, sinon pour Žchapper aux fratries et au rŽ-Žmergement des solidaritŽs dĠintŽrts ou de la naissance qui nous ramnent aux Žtouffoirs monastiques (la rŽgion, la religion, le clan, la tribu, le sexeÉ) et au fratricide (tous les ÒismesÓ communautaristes). Mais, pour fonder nos choix sur une fraternitŽ qui Žlargisse lĠhorizon et nous permette de mieux respirer, dĠentrevoir la possibilitŽ dĠun autre destin et de ne pas rester entre soi, dans le repli sur le domestique ou sur le tribal. CĠest-ˆ-dire : pour tre fraternels, parce quĠŽgalitaires, et par un sursaut de dignitŽ et dĠamour pour lĠAUTRE, pour les AUTRES..

 

Octavio